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Autour de la langue maya et Whatsapp, avec Hilario Chi Canul, linguiste et traducteur du Yucatan (Mexique)

Dans le cadre de la venue d’Hilario Chi Canul à Paris,  nous avons le plaisir de vous inviter à une conférence le 22 mars 2016, à 19h à l’INALCO (65 rue des Grands Moulins):

U jóok’ol t’aan / La salida del habla : apprentissage, socialisation et nouvelles dynamiques des langues amérindiennes – le cas du maya

ainsi qu’à la journée d’étude FABRIQ’AM, le 31 mars, 105 Boulevard Raspail : 
Du hip hop à Whatsapp : nouvelles formes de communications chez les Amérindiens
Le programme de cette journée d’étude internationale est en ligne sur le site du Groupe d’enseignement et de recherche sur les Mayas et la Mésoamérique
 
Hilarihilarioo Chi Canul est un linguiste maya de la péninsule du Yucatan et titulaire d’une maîtrise en ethnolinguistique au sein du programme PROEIB Andes à Cochabamba en Bolivie. Retourné au Mexique, où il est professeur de maya à l’université du Quintana Roo, il a développé des travaux de recherche en anthropologie linguistique ainsi que des expériences pédagogiques pour la revitalisation du maya yucatèque de l’intérieur: dans les maisons, entre les générations, et via les nouveaux media. Hilario Chi Canul est également très actif sur la scène de diffusion régionale et internationale du maya. Il a travaillé comme traducteur et coach de maya yucatèque dans plusieurs  productions filmiques, notamment Apolcalypto de Mel Gibson. Il a participé à l’élaboration du scénario de la première telenovela en maya Baktun, où il incarne à l’écran le protagoniste principal. Il anime WasK’oop, un groupe whatsApp international en maya où échangent de nombreux migrants mayas yucatèques des Etats-Unis et locuteurs d’horizons proches et lointains.
Hilario a récemment traduit en langue Maya le livre Max et le Maximonstre.
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Plus d’information : Valentina Vapnarsky, Directrice du Centre EREA du LESC (CNRS & UPO), tel: 01 46 69 26 06

 

Appel à communication Figures de l’autochtonie – JE CANTHEL 7 juin 2016

Appel à communication

Figures de l’autochtonie

Journée d’étude du CANTHEL « Jeunes chercheurs »,

coordonnée par Marie Salaün 

7 juin 2016, Université Paris Descartes, Sorbonne-Paris-Cité.

En français, le terme « autochtonie » est nimbé d’un brouillard sémantique. Le terme « autochtone » désigne, étymologiquement, celui qui vient de la terre même (du grec autos/khthôn). L’autochtonie engage la définition de l’altérité, et chaque société semble éprouver ce besoin de marquer la distinction entre ceux qui sont d’« ici » en opposition à ceux qui viennent d’ailleurs, les allochtones. Si les critères sur lesquels s’établit la frontière varient d’une société et d’une époque à l’autre, la catégorie n’en est pas moins universelle, mobilisée par le groupe majoritaire comme ressort d’une légitimité fondée sur une antériorité d’occupation. Cette forme universelle de rapport politique est à l’oeuvre dans la notion de « capital d’autochtonie » entendu comme ensemble de ressources symboliques liées à la reconnaissance de l’appartenance à un territoire particulier, mais aussi en filigrane des débats autour de la possibilité d’une « identité nationale » ou des discours des mouvements politiques populistes, quand elle n’est pas au principe de pratiques génocidaires.

5x4xjgpzDans le même temps, « autochtone » est le terme qui a été choisi pour traduire en français indigenous/indígena dans le droit international consacré en 2007 par l’adoption d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones à l’ONU, le terme « indigène » renvoyant trop explicitement au statut, en droit colonial, des populations assujetties exclues du bénéfice de la citoyenneté dans l’empire colonial français. Si le principe de l’antériorité d’occupation d’un territoire est là aussi au fondement de l’affirmation d’une légitimité, là s’arrête la comparaison avec la première acception du terme. Alors que dans son sens grec l’autochtonie est mobilisée par un groupe majoritaire pour définir sa relation aux minorités, elle engage ici les contours d’une catégorie légale qui correspond à un ensemble de minorités démographiques ou sociologiques particulières, marginalisées par le fait colonial aux plans politique, économique, culturel, et qui demandent réparation.

La question de l’autochtonie, au-delà de ce flou sémantique, est difficile à penser en sciences sociales. Parce qu’il essentialise la différence, naturalise les clivages sociaux et déshistoricise, l’argument autochtoniste est à la fois un objet privilégié pour ceux qui entendent mettre au jour la dimension processuelle de la construction des identités et un objet piégé, car la mise au jour des manipulations auxquelles donne lieu la mobilisation de la notion a nécessairement une portée éthique.

Cette journée d’études organisée par le CANTHEL (Centre d’anthropologie culturelle de l’Université Paris Descartes), se propose de réunir des contributions de jeunes chercheurs et chercheuses (doctorants/jeunes docteurs/postdoctorants) qui explorent, depuis leurs enquêtes empiriques respectives, la notion d’autochtonie d’un bout à l’autre de ce continuum sémantique.
Le premier axe de questionnement interroge le sens grec de la notion. En quoi la « crise des migrants » engage-t-elle une redéfinition du rapport autochtones/allochtones en Europe aujourd’hui ? Quelle place pour ce rapport dans l’argumentaire moral autour de la notion d’identité nationale ? A l’heure des réflexions sur les conditions de la nationalité française, quid de la consubstantialité du sol et du soi ?
Le second axe interroge la notion au sens onusien. Jusqu’où peut-on dire que la reconnaissance des « peuple autochtones » marque l’avènement d’interactions postcoloniales marquées par des transactions hégémoniques radicalement nouvelles ? Les principes de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones définissent-ils en pratique, là où ils sont appliqués voire là où certains aspirent à ce qu’ils le soient, une nouvelle condition indigène du 21ème siècle ? Dans quelle mesure le « capital d’autochtonie » rendu possible par le droit international infléchit-il désormais les stratégies de reconnaissance des peuples et États concernés ?

Modalités de soumission
Les propositions de communication seront envoyées sous la forme d’un résumé d’environ 300 mots accompagné d’une courte biographie, à l’adresse suivante : marie.salaun@parisdescartes.fr

Calendrier
Date de clôture de l’appel : jeudi 31 mars 2016
Retour des avis : jeudi 14 avril 2016
Journée d’étude : mardi 07 juin 2016, au Centre universitaire des Saints-Pères, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris.

Poste de professeur-e en études autochtones

PROFESSEURE OU PROFESSEUR EN SOCIOLOGIE (ÉTUDES AUTOCHTONES)

Poste menant à la permanence

Le Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais sollicite des candidatures en vue de pourvoir à un poste de professeur en études autochtones.

La personne recherchée est titulaire d’un doctorat en sociologie ou dans une discipline connexe et est spécialisée dans les études autochtones dans une perspective de développement territorial. Les domaines de recherche privilégiés sont : la gouvernance territoriale, la gestion des ressources naturelles, la migration autochtone et les rapports de genre. Une expérience de recherche sur le terrain sera également considérée comme un atout.

La personne dont la candidature sera retenue fera preuve d’une perspective critique en études autochtones et elle reconnaîtra la pluralité des approches théoriques et méthodologiques au sein du champ des études autochtones. Cette personne montrera également une sensibilité aux dimensions historiques, culturelles, sociales et politiques dans ses travaux et sera disposée à œuvrer au sein d’une équipe multidisciplinaire en sciences sociales. Cette personne devra avoir un programme de recherche actif en études autochtones tant au niveau national qu’à l’international, posséder une bonne expérience d’enseignement de niveau universitaire, ainsi que des aptitudes à l’encadrement d’étudiants à tous les cycles. Elle devra également faire preuve d’une très bonne connaissance de la langue française écrite et orale.

Traitement : Selon les dispositions de la Convention collective

Site de travail : Gatineau

Entrée en fonction : le 1er mai 2016 ou selon toute entente à cet effet avec l’Université

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur candidature accompagnée d’un curriculum vitae détaillé, des attestations d’études pertinentes et de trois lettres de recommandation avant 16 h 30 le 12 février 2016, à l’attention de :

Monsieur Martin Robitaille, directeur
Département des sciences sociales
Université du Québec en Outaouais
Case postale 1250, succursale Hull
Gatineau (Québec) J8X 3X7

Courriel : martin.robitaille@uqo.ca
Téléphone : 819 595-3900 (2614)
Télécopieur : 819 595-2384

Conformément aux exigences relatives à l’immigration au Canada, ces postes sont offerts en priorité aux citoyens canadiens et aux résidents permanents. L’Université du Québec en Outaouais souscrit aux programmes d’accès à l’égalité en emploi et d’équité en matière d’emploi, et invite les femmes, les membres des minorités visibles, des minorités ethniques, les autochtones et les personnes handicapées à présenter leur candidature.

Plus d’informations : http://uqo.ca/docs/9369

« El cambio »: un documentaire sur les 10 ans d’Evo Morales au pouvoir en Bolivie

Un documentaire sur les 10 ans de Morales au pouvoir en Bolivie est en préparation.

 

Des Andes à l’Amazonie, des boliviens de toutes origines racontent les années Morales. Une enquête sur les réussites et les ratés du « Mouvement vers le Socialisme » (MAS).
Réalisé par P.A. Dominguez et A. Chaparro, ce film est une
autoproduction.Une campagne de financement participatif vise à réaliser le montage, dernière étape du projet.

Les pages Facebook et Twitter du documentaire proposent un suivi des actualités sur la Bolivie.

 

Dossier: L’isolement volontaire des amérindiens en débat. A propos des Mascho-Piro d’Amazonie péruvienne

Depuis quelques mois, le Pérou redécouvre que ses forêts abritent des populations amérindiennes parmi les plus isolées de la planète. De la région du Madre de Dios, non loin de la frontière brésilienne, nous viennent des clichés et vidéos saisissants de membres de l’ethnie Mashco-Piro, laquelle vit dans une situation d’isolement volontaire depuis plusieurs décennies.

Carte

Carte du Madre de Dios. Source : Direccion Nacional Técnica de Demarcacion Territorial

Photo 1

Photo 1. Crédits : Fenamad

Photo 2.jpg

Photo 2. Crédits : Diego Cortijo/Survival International

Photo 3

Photo 3. Crédits  Ron Swaisgood

En 2014, plus de 70 contacts visuels ont été enregistrés avec des Mashco-Piro. L’invasion spectaculaire de la communauté de Monte Salvado, par près de 200 d’individus à la recherche de nourriture et d’objets, à été largement relayée par les médias.

Une vidéo prise en 2015 montre un groupe à l’approche d’un village : https://www.youtube.com/watch?v=y5LUxzgkIeo

La Fédération indigène locale, la FENAMAD, diffuse également des images d’un groupe sur les rives du Madre de Dios, interpellant le cameraman de l’autre coté:

En mai 2015, la mort de Leonardo Perez, un jeune Matsiguenga assassiné dans son village par un groupe de Mashco-Piro, suscite une vive émotion nationale :

Reportage télévision péruvienne Cuarto Poder (juin 2015): https://www.youtube.com/watch?v=TisT06zkrRg

Article paru dans El Pais (juin 2015)

Article paru dans National Geographic (Octobre 2015)

L’isolement des Mascho-Piro dans l’histoire

Du fait de leur isolement, on sait peu de chose sur les Mashco-Piro. Leur langue est proche du Piro (langue appartenant à la famille linguistique Arawak), tout en présentant des différences importantes.

 Il est néanmoins établit que la région du Madre de Dios constitue leur berceau historique. Les premiers missionnaires à s’établir dans la zone cohabitèrent avec eux de manière relativement pacifique. Mais l’exploitation du caoutchouc, marquée par l’expédition sanglante de Carlos Fitzcarraldo en 1894, allait bouleverser ce climat. L’arrivée du grand « baron » péruvien du caoutchouc se solde par le massacre de centaines d’amérindiens. L’épisode est d’ailleurs relaté dans un film de Werner Herzog ; « Fitzcarraldo » (1982).

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Photo 4. Klaus Kinsky dans le rôle de « Fitzcarraldo », de Werner Herzog (1982)

Pour fuir l’asservissement des exploitants de caoutchouc, les Mashco-Piro optent alors pour l’isolement volontaire et le nomadisme comme stratégie de survie. Plus d’un siècle après ces évènements, on ignore aujourd’hui combien ils sont.

Toutes ethnies confondues, le Ministère de la Culture avance néanmoins le chiffre de 5000 amérindiens en situation d’isolement volontaire ou de contact initial en Amazonie péruvienne. Parmi eux, tous ne pratiquent pas le même degré d’isolement, et l’on parle parfois de contacts « sporadiques » ou « initial ».

Il arrive que des avertissements, comme deux flèches plantées dans le sol en position de croix, signalent aux étrangers de rester à l’écart de certaines zones.

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Photo 5. Crédits : Marek Wolodzko/AIDESEP

Dans les années 2000, différents dispositifs de lois internationaux (via l’ONU notamment) et nationaux (loi de 2006) sont développés pour protéger les populations en isolement volontaire et en contact dit « initial ». Ces dispositifs font du respect inconditionnel de l’isolement une garantie du droit à la vie et à l’autodétermination de ces populations.

Mesure de « contact contrôlé »

Face à la « crise » récente des Mashco-Piro dans le Madre de Dios, le gouvernement péruvien propose, en juillet 2015, d’entreprendre des contacts avec plusieurs membres de l’ethnie.

La vice-ministre de la culture, Patricia Balbuena, justifie cette mesure en expliquant que la politique de non-contact n’était plus tenable vis-à-vis de certains Mashco-Piro. Elle dit vouloir « comprendre leurs inquiétudes », afin d’éviter les tensions avec les villages, et de prévenir les épidémies auxquelles ils sont particulièrement exposés.

La vice-ministre emploie alors le terme de « contact contrôlé », qui provoque un vif débat au Pérou comme à l’étranger. Plusieurs évoquent les politiques de contacts forcés avec les populations isolées, pratiqués au Brésil par la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI) dans les années 1970.

Un compte-rendu de la conférence de presse de la vice-ministre Patricia Balbuena est disponible.

Peu après, une résolution ministérielle dresse les grandes lignes d’un protocole d’urgence vis-à-vis des Mashco-Piro. Le document vise à clarifier la « isolement volontaire » et ses différentes formes.

Protocole d’urgence face aux populations en isolement (juillet 2015)

Le 5 août 2015 enfin, un plan d’urgence pour la prise en charge des indigènes Mashco-Piro est adopté. Le document décrit avec plus de précisions les équipes impliquées dans le le projet, leurs prérogatives, un calendrier des activités et ses budgets, etc.

Plan d’urgence pour l’attention des indigènes Mashco-Piro (août 2015)

Les risques du contact

Plusieurs fédérations indigènes, notamment l’AIDESEP, jugent l’initiative du gouvernement particulièrement dangereuse pour la survie des Mashco-Piro. Un article de Survival fait état de ces critiques.

Les amérindiens isolés sont en effet extrêmement vulnérables face aux maladies infectieuses et virales. Les épidémies sont particulièrement difficiles à endiguer à cause des difficultés d’accès aux zones de contact, du manque de compréhension de la médecine occidentale de la part des indigènes, ou encore de la tendance des groupes malades à se déplacer pour retrouver de la famille. On estime que le délai d’immunisation face aux maladies exogènes est de 4 à 5 générations.

Les effets psycho-sociaux liés aux épidémies sont également très importants. L’impact massif des maladies a parfois provoqué une profonde démoralisation de l’ensemble du groupe, et le rejet des soins.

Plusieurs anthropologues ont également critiqué l’initiative de contact envisagée par l’Etat.

Frederica Barclay qualifie l’initiative de « dangereuse », étant donné les risques d’épidémie.

Beatriz Huertas Castillo dénonce l’avancée des frontières extractives en Amazonie à l’origine des sorties récentes des Mashco-Piro, et l’urgence de protéger leurs territoires.

Bibliographie sur les Mashco-Piro et les populations en isolement volontaire

L’anthropologue Glenn Shepard a consacré plusieurs articles aux Mashco-Piro :

. « Close Encounters of the Mashco kind: Fatal attack by an isolated indigenous group in Peru », janvier 2012:

. « Mashco Piros on the Verge : Missionaries, human safaris, head-ball and a tale af two contacts », septembre 2014.

. Voir aussi l’interview (en français) de Glenn Shepard dans le numéro 276 de la revue Sciences Humaines (décembre 2015).

L’anthropologue péruvienne Beatriz Huertas Castillo a écrit plusieurs ouvrages sur les populations en isolement volontaire au Pérou :

. Los Pueblos Indígenas en Aislamiento. Su Lucha por la Sobrevivencia y la Libertad, IWGIA, n°36, 2002.

. Despojo territorial, conflicto social y exterminio. Pueblos indígenas en situación de aislamiento, contacto esporádico y contacto inicial de la Amazonia Peruana, IWGIA, Informe 9, 2010.

L’anthropologue suédoise Pirjo Kristiina Virtanen a écrit un article en français sur les amérindiens isolés à la frontière Pérou-Brésil :

. « Vivre isolé pour rester en vie : la frontière Pérou-Brésil », Journal de la société des américanistes, tome 96, n°1, 2010.

 

[1] Version abrégée d’un article paru dans la revue Sciences Humaines (n°276, décembre 2015), intitulé : « Tribus d’Amazonie : la fin de l’isolement ? ».

VISEUR. Semaine du cinéma documentaire mexicain” du 25 Novembre au 1er Décembre 2015 à Paris

Avec une vaste production qui correspond à l’univers de chaque réalisateur, le documentaire mexicain connaît un véritable renouveau, et nous souhaitons le mettre à l’honneur en France, troisième pays producteur de documentaires.

Cette année nous présenterons 5 longs-métrages documentaires contemporains et une rétrospective au réalisateur Pedro González Rubio. Les séances d’ouverture et de clôture seront suivies d’un cocktail.

Sélection Officielle:

« Navajazo » (Coup couteau) de Ricardo Silva, Mexique-France – 2013 – 75min – VOSFR

« Carmita » de Laura Amelia Guzmán, Israel Cárdenas, México – 2013 – 80min – VOSFR »

« Los reyes del pueblo que no existe » de Betzabé García, Mexique – 2015 – 90min – VOSFR »

« Lecciones para una guerra » de Juan Manuel Sepúlveda, Mexique – 2011 – 112min – VOSFR »

« Café. Cantos de humo » de Hatuey Viveros Lavielle, Mexique – 2014 – 80 min – VOSFR »

Weekend du doc: *En présence du Réalisateur

« Toro Negro » de Pedro González Rubio, Mexique – 2005 – 85min – VOSFR

« Alamar » de Pedro González Rubio, Mexique – 2009 – 73min – VOSFR

« Inori » de Pedro González Rubio, Japon – 2012- 72min – VOSFR

« Ícaros » de Pedro Gonzalez Rubio, México-Francia- 2015 – 53min VOSFR

Venez-découvrir de documentaires mexicains!

Réservations: contact@viseur.org

Tarfi: 4e / 6e UGC accepté au cinéma Christine 21.

www.viseur.org

Facebook: Viseur

Twitter: @FestivalViseur

Retrouvez les synopsis et bandes-annonces dans la section Cinéma de notre blog!

GITPA : mission d’information sur les Maasaï au Kenya et en Tanzanie

Kenya

 Clic pour agrandir

Les Maasaï sont originaires du Sud-Soudan et sont présents au Kenya (provinces de l’Est, centrale et de la Rift Valley) et la Tanzanie (provinces du Nord et du Centre), habitant la grande vallée du Rift, essentiellement sur les plateaux mais aussi sur les pentes des escarpements et sur les flancs de certains reliefs volcaniques. Ils sont 377 000 au Kenya et 452 000 en Tanzanie (1,7 et 1,3% de la population totale.)*

Depuis l’ère coloniale, les Maasaï ont été dépossédés d’une partie importante de leurs terres traditionnelles, soit par des fermiers privés, soit dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux. Les gouvernements tanzanien et kenyan ont, en effet, tenté de mettre en place des projets de développement visant à modifier les modes de vie traditionnels des Maasaï et à les sédentariser afin qu’ils respectent les frontières. Ces tentatives se sont soldées par un appauvrissement généralisé des populations maasaï, qui jusque là géraient efficacement leur bétail et par une émigration urbaine.

Depuis 1993, des mouvements s’organisent pour faire cesser les ventes ou les accaparements de terres maasaï au Kenya et Tanzanie, pour participer à l’administration des parcs et zones de conservation, pour préserver les sites sacrés.

* Source : L’Aménagement linguistique

Du 16 au 29 novembre 2015, Patrick Kulesza, directeur exécutif du GITPA, réalisera
une Mission d’information au Kenya et Tanzanie consacrée à la situation du peuple maasaï.

La mission comprendra des entretiens avec des représentants d’organisations de défense du pastoralisme et de
la société civile. Elle rencontrera des membres des centres de recherche à Naïrobi (Kenya) et Arusha (Tanzanie).
Elle visitera les aires protégées et parcs nationaux au nord de la Tanzanie ( Ngorongoro, Serengeti).

Les principaux sujets abordés seront :

– la situation du pastoralisme;
– l’impact de la création des aires protégées et parcs nationaux sur les parcours pastoraux;
– les accaparements de terres et les expulsions qui en découlent;
– certains conflits en cours : Loliondo ( réserve de chasse des Émirats arabes unis), Olkaria ( projets de géothermie).
……

La mission s’appuiera également sur les conclusions et recommandations des Rapports du Groupe de travail de la Commission de l’Union Africaine sur le Kenya (mars 2010) et la Tanzanie (février 2013).

Pour en savoir plus, consulter :

Informations sur les Maasaï sur le site du GITPA

Népal : nouveau découpage territorial – GITPA

Après des années de discussions sur le choix d’un découpage territorial sur base identitaire (provinces monoethniques) ou géographique (provinces multi ethniques), l’Assemblée Constituante adopte une nouvelle Constitution et un découpage en 7 provinces

Trois questions du GITPA  à Gérard Toffin, Directeur de recherche au CNRS, Centre d’études himalayennes

Remarque : cette carte, montre en fait « les principales populations népalaises » (dans son titre) plus que les « ethnies népalaises ». En effet, les Pahari mentionnés sont des populations de caste qui s’opposent aux groupes ethniques.

Le 16 septembre, l’Assemblée constituante du Népal a voté, à la très forte majorité de 507 voix sur un total de 601, une nouvelle Constitution pour le pays, mettant ainsi un terme à un laborieux et délicat processus entamé il y a huit ans. Le nouveau texte, affirme le caractère laïc  des institutions népalaises, tout en encadrant sévèrement la liberté religieuse, notamment la liberté de changer de religion pour près de 28 millions de Népalais, dont 80 % sont hindous.

Parmi  les sujets qui ont été longuement débattus par l’Assemblé constituante est celui du  découpage territoriale en provinces sur une base identitaire (provinces monoethniques) ou géographique ( provinces multiethniques).

Trois questions du GITPA (Patrick Kulesza) a Gérard Toffin,
Directeur de recherche au CNRS, Centre d’études himalayennes

Q: Quel découpage territorial a été finalement retenu et figure dans la nouvelle Constitution ?

Après avoir longtemps hésité et tergiversé, les leaders des deux principaux partis politiques qui ont remporté les élections générales de novembre 2013, — le parti du Congrès népalais et les communistes réformistes du CPN-UML — ont découpé le pays en sept régions (pradesh). Les Maoïstes de UCPN (M), minoritaires, se sont joints à l’accord. Le Madhesi Janadikhar Forum, l’une des principales forces politiques du Terai, la bordure sud du pays, les ont suivi dans un premier temps, puis se sont retirés, en désaccord sur la nouvelle structure fédéraliste proposée. L’Assemblée constituante (qui comprend des représentants de toutes les populations du pays) a approuvé cette nouvelle structure à une large majorité.

Q: Sur quels critères ce découpage a t-il été réalisé ?

Les régions retenues correspondent grosso modo aux vieilles divisions géographiques du pays : à l’ouest, extrême-ouest, au centre, et à l’est. Elles suivent d’assez près les grands bassins hydrographiques du Népal et ne sont pas fondamentalement différentes des anciennes « zones », anchal, des régimes précédents. Le principe a consisté à lier les régions des collines à celles du sud (les plaines du Terai). Cinq des sept nouvelles régions suivent ce principe. Une seule province, au centre-est, autour de la ville de Janakpur, ne regroupe que des plaines du sud. Dans l’ensemble, les principes économiques et politiques ont prévalu sur les revendications « indigénistes » des populations ethniques et celles des populations Madhesi (de castes indiennes) du Terai qui voulaient une ou deux régions spécifiques au Terai. Les leaders ont cherché à créer des unités économiquement viables et à éviter toute menace d’éclatement du pays. Ils ont également manifesté une certaine méfiance envers le puissant voisin indien.

Q: Quels ont été les termes du débat et les forces politiques qui sont intervenues dans la nouvelle structure fédérale ?

Cette nouvelle structure fédéraliste impose le point de vue des hautes castes hindoues des collines, celles là même qui dominent le pays depuis plus de deux siècles et monopolisent en partie le jeu politique. Elle est en continuité avec le passé. Elle est rejetée violemment par les mouvements « indigénistes » Adivasi-Janajati qui militent en faveur des droits de populations ‘autochtones’, minoritaires (représentant toutefois près de 35 % de la population du pays), et qui s’opposent aux hautes castes hindoues, notamment aux Brahmanes. La fédération NEFIN (Nepal Federation of Indigenous Nationalities), qui regroupe la plupart des militants de ces groupes ethniques, a immédiatement manifesté son désaccord et sa volonté de continuer la lutte. Elle milite en faveur de régions ethniques autonomes avec une reconnaissance des langues locales. Les groupes ethniques voient aussi d’un mauvais œil l’extension de la notion de ‘peuple autochtones’ à des castes hindoues, telles les Khas. Leurs leaders restent cependant divisés et ne sont pas représentés à l’assemblée. Les Madhesi du Terai rejettent également le nouveau découpage. Ils s’estiment lésés. Le Terai du reste est en proie à des violences répétées depuis plus de trois semaines. Les routes sont coupées. Ces violences opposent les Madhesi (mais aussi les Tharu, la population Adivasi-Janajati ancienne du Terai) aux forces gouvernementales. L’Inde qui, traditionnellement, soutient les populations Madhesi, a ajouté aux tensions locales en imposant un blocus non officiel des principes routes frontalières. Delhi entend ainsi imposer des amendements qui prendraient davantage en compte les populations du Terai et assuraient mieux leur représentativité à l’échelle nationale. La frontière commune entre les deux pays, il faut le noter, est longue de 1750 km. Et le Népal dépend de l’Inde pour sa survie économique.


Ouvrage de référence : Politics of Ethnicity in India, Nepal and China.
Marine Carrin, Pralay Kanungo, and Gérard Toffin (eds), Delhi, Primus, 2014, 343 p.


Lien vers le chapitre Népal du site GITPA

Accès à la Lettre électronique:

Parution du Rapport annuel GITPA : Monde Autochtone 2015

Photos prises au cours de la 14eme lPQA, crédits : Patrick Kulesza

Vous trouverez le lien vers le Rapport ici.

Il récence les évènements marquants de l’année 2014, concernant les peuples autochtones dans 55 États ou régions : Arctique, Amérique, Afrique, Asie, Pacifique ce qui représente environ 450 millions de personnes et la plus grande partie de la diversité culturelle du monde.

Le rapport  a été présenté par IWGIA (International Work Group for Indigenous Peoples) en anglais et espagnol au cours de la 14 eme Instance permanente sur les Questions autochtones du 14 avril au 1er mai 2015  et traduit en français par le réseau des experts du GITPA pour les différentes régions.

Nous sommes le 24 octobre 2015 : et si vous vous intéressiez à l’Argentine aujourd’hui ?

Laetitia Gervais, étudiante en M2 Histoire/anthropologie à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), en échange à l’Universidad Nacional de Mar del Plata (UNMDP), Mar del Plata, Argentine

Si vous n’y connaissez rien et que vous cherchez les actualités, vous allez tomber sur l’événement tant attendu : les élections du 25 octobre, élections présidentielles, mais pas seulement, elles sont sextuples ! Si vous connaissez un peu le pays, vous attendez de voir ce qui va se passer…tout le monde a les yeux rivés sur cette date historique, chacun spéculant sur la victoire de Daniel Scioli, le candidat kirchnériste et péroniste, soutenu par la Présidente sortante, Cristina Fernández de Kirchner, même s’il ne fait pas l’unanimité au sein des kirchnéristes.
Mais qui s’intéresse à ce qui se passe au croisement entre l’Avenida de Mayo et la rue 9 de Julio, à Buenos Aires ? Il y a là un gigantesque campement connu sous le nom de l’acampe, et ce depuis plus de 8 mois maintenant, depuis le 14 février 2015, pour être précise. Des représentants de 4 peuples autochtones essaient de porter sur la scène nationale leur désarroi régional et un conflit ouvert avec le gouvernement de l’Etat fédéral de Formosa où ils habitent. Ces 4 peuples sont : les QOM, les PILAGA, les WICHI et les NIVACLE, et viennent de former un collectif nouveau : QO.PI.WI.NI (je sais, vous n’avez rien compris littéralement, mais faites un effort, vous allez saisir d’où cela vient…et je vous conseille d’aller vite mettre un « J’aime » sur leur page facebook : https://www.facebook.com/qopiwini?fref=ts)
Ils vivent dans des conditions plus que précaires au milieu de ce carrefour urbain, en proie aux voitures qui dévient de leur voie (je fus témoin d’un accident évité de justesse, sous une pluie torrentielle qui avait provoqué un dangereux aqua-planning) au milieu d’un bruit incessant, d’une pollution continue, au cœur de l’énorme capitale grouillante qu’est Buenos Aires. Ce n’est évidemment pas une parcelle du Camping Paradis, donc ils sont sans eau sinon celle de la fontaine de la place et celle des pluies torrentielles qui ont anéanti de nombreux matelas. Ils (sur)vivent surtout grâce aux dons des passants qui sont souvent des touristes, touchés par leur cause, et grâce à l’aide des associations locales qui se relaient. Aucun signe manifeste de l’INAI (Instituto Nacional de Asuntos Indígenas, l’institut officiel pourtant chargé des affaires autochtones en Argentine) et surtout, ils n’ont toujours pas été reçus par la présidente, ce qui est leur souhait, être entendus avant la fin de son mandat, en décembre, selon les slogans affichés. Mais ce n’est rien en comparaison de leur situation quotidienne dans leur campagne de Formosa, au nord du pays. Ils me disent d’ailleurs que ce campement est très similaire à leurs conditions de vie chez eux.
Voyons de plus près ce qui les pousse à faire du camping urbain gratuit. Il y a notamment le fait d’être encore (en 2015, eh oui !) chassés de leurs terres ancestrales (si si, il y avait des habitants avant le débarquement de Colomb et compagnie) au profit de grands propriétaires terriens ou de grandes entreprises étrangères extractivistes (je félicite au passage l’entreprise française Total qui fait du fracking en Patagonie en territoire mapuche, vu que la loi française le lui interdit sur notre territoire). Mais ils se plaignent aussi d’être les victimes d’une certaine insécurité juridique (papiers mal faits), de dépendre cruellement du gouvernement local qui se vend au plus offrant, de la persécution de leurs leaders et des violences policières à l’égard des populations autochtones, de la main mise d’un gouvernement local au pouvoir depuis 25 ans environ sur les actes fonciers, et de menaces permanentes. Ils souffrent également de problèmes de maladies et de malnutrition, du manque de vaccination dans les zones rurales reculées, du besoin d’une salle de premiers secours par communauté avec une ambulance pouvant les transporter à l’hôpital parfois à 50 km, d’une éducation insuffisante et mal adaptée à leurs cultures différentes (il n’y a d’ailleurs aucune université autochtone en Argentine comme cela peut être le cas dans d’autres pays en Amérique latine). Ils sont confrontés à un accès difficile à la justice et voient régulièrement leurs droits bafoués en tant que citoyens argentins et tant que peuples autochtones, au mépris des lois régionales, nationales et internationales, ils sont victimes de la privation de leurs modes de vie traditionnels quand leurs terres ancestrales ont été patrimonialisées en parcs nationaux (pas le droit de pêcher, de chasser, de ramasser des plantes traditionnelles, etc…), et ils sont même contraints d’exercer leur médecine traditionnelle en cachette car elle est non reconnue (soin de certains cancers avec du sang de tatou par exemple). Autre élément très important de leurs requêtes, ils réclament la reconnaissance de toutes les communautés qui le souhaitent et s’auto-désignent comme telles, et notamment celle des membres de la communauté Nivaclé, d’origine paraguayenne, en Argentine depuis 20 ans (la plupart n’ont aucun document d’identité argentin et sont pour ainsi dire presque apatrides)…
J’ai interviewé des représentants de chaque communauté le 9 août, le hasard a fait qu’il s’agissait de la journée internationale des peuples autochtones décidée par l’ONU, et tous les espoirs étaient permis après la réunion fin juillet avec le secrétaire des Droits de l’Homme de l’Argentine, Juan Martín Fresnaga, mais je suis repassée à l’acampe, et à la veille des élections rien n’a changé, les expectatives sont malheureusement toujours les mêmes.
Etudiante étrangère en Argentine, ne votant pas, j’ai refusé hier les boletas (flyers politiques incluant les bulletins de vote indiquant les listes de candidats titulaires et suppléants) distribuées à Mar del Plata pour les élections imminentes, et je me suis ravisée. J’ai finalement pris la liasse de papiers pour vérifier en particulier le programme du candidat annoncé comme favori, Scioli. Parmi les quinze objectifs du « développement argentin » qu’il envisage, je viens de vérifier personnellement, absolument aucun ne fait allusion aux peuples autochtones et c’est également le cas des autres programmes électoraux.
Il faut donc croire qu’environ cent trente ans après la dernière campagne de la fameuse Conquête du Désert argentine, on considère toujours dans les sphères politiques argentines que le « développement » ne peut se faire qu’en éliminant la présence des autochtones et en les invisibilisant. L’histoire ne fait que se répéter, sacrifiant des populations qui occupaient pourtant tous ces territoires bien avant l’arrivée des Européens. Qui va à la chasse…

Laëtitia gervais. buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia gervais. buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

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